Bref historique de l’Association canadienne de l’Ordre de Malte

Durant tout le Régime français, il y eut de nombreux chevaliers de Malte tant en Acadie qu’en Nouvelle-France mais il n’y eut jamais d’Association comme telle, encore moins un prieuré ou une commanderie. On y songea pourtant. Le commandeur Isaac de Razilly avait même offert son immense seigneurie acadienne au grand maître de l’Ordre pour en faire une commanderie. Projet sans suite.

Mais l’influence que l’Ordre devait exercer en Nouvelle-France s’est manifestée en 1612 sur la carte dressée par Champlain où l’on trouve, en Gaspésie, le toponyme « C de Chate », ainsi nommé par Champlain en l’honneur du commandeur Aymar de Clermont de Chaste, gouverneur de Dieppe, en France, commanditaire de l’expédition de Pierre Dugua de Mons (1604-05). Le toponyme survit sous sa forme corrompue de “Cap-Chat”. 1

La ville de Sillery, maintenant incorporée à la ville de Québec, doit son nom et ses premiers fondements au commandeur Noël Brulart de Sillery. Le premier gouverneur général en titre, Charles Huault de Montmagny, était chevalier profès de l’Ordre et c’est probablement à lui que l’on doit une pierre portant la croix à huit pointes retrouvée, en 1787, dans les ruines du Château Saint-Louis, à Québec; preuve indiscutable et émouvante de l’influence exercée par des membres de l’Ordre durant la période coloniale française et qui fit longtemps croire qu’il y avait bel et bien eu une commanderie de l’Ordre en Nouvelle-France. 2

En 1745, l’Ordre acheta même du blé au Canada pour approvisionner l’île de Malte. 3 Mais il faudra attendre le 20e siècle pour que l’Ordre s’établisse officiellement au Canada.

C’est à la faveur du congrès eucharistique de Québec, en 1948, que l’idée d’une fondation canadienne de l’Ordre souverain hospitalier militaire de Malte fut abordée. Deux gentilshommes de la maison pontificale accompagnaient le légat, le Cardinal Rodrigue Villeneuve, archevêque de Québec et primat de l’Église canadienne. Il s’agissait du comte Nicolà Nasalli Rocca et de l’avocat Alberto Garabelli, tous deux chevaliers de Malte au grand prieuré de Rome.

De Québec, le chevalier Garabelli s’était rendu à Montréal, mandaté par le grand magistère pour y “faire une enquête sur la possibilité de la création d’une association canadienne”. 4 Il eut des rencontres avec des personnalités catholiques canadiennes de premier plan, notamment avec le comte Robert W. Keyserlingk et M. Quentin Jermy Gwyn.

L’année suivante, le colonel Thomas Guerin, OBE, MA, PhD, chevalier de justice et hospitalier du prieuré canadien de l’Ordre vénérable de Saint-Jean de Jérusalem, publiait un livre intitulé From the Crusades to Québec : The Knights of Malta in the New World. 5 Il s’agissait du premier ouvrage de l’époque contemporaine à retracer l’influence exercée par les chevaliers de Malte dans la fondation et le développement des colonies françaises dans les Amériques. 6

À son décès, survenu en 1963, le colonel Guerin était président émérite de l’Association, ayant assumé le poste de vice-président intérimaire en 1950, de vice-président de 1950 à 1957 alors qu’il était élu président, poste qu’il occupa jusqu'à 1961. La chronique de l’Association affirmait au lendemain de sa mort : On peut affirmer sans hésitation qu’il a plus qu’aucun autre contribué au progrès de l’Ordre de Malte au Canada. Personne n’a surpassé son dévouement aux intérêts de l’Ordre, à tel point que la vigueur et la renommée de notre Association au pays constituent un témoignage permanent du travail accomplit par notre Président d’Honneur. 7

Comme la constitution de l’Ordre souverain exigeait un minimum de sept chevaliers pour créer une association nationale, le chevalier Garabelli revint à Montréal en 1950 pour admettre dans l’Ordre, in gremio religionis, les sept personnalités suivantes : le très honorable Édouard Thibaudeau Rinfret (†1962), juge en chef de la Cour Suprême du Canada, le colonel Thomas Guerin (†1963), M. Quintin J. Gwyn (†1994), le comte Robert W. Keyserlingk (†1990), le lieutenant-colonel J. Darley LeMoyne (†1976), M. Daniel de Yturralde y Orbegoso (†1980) et le lieutenant-colonel Desmond Clarke (†1976).

Ces premiers chevaliers obtinrent, le 27 janvier 1953, une charte fédérale d’incorporation à titre d’organisme caritatif. Le bailli comte Emeric Hutten-Czapski, président de l’Association polonaise, fut délégué par le grand magistère pour assister les Canadiens dans l’élaboration du règlement interne de l’Association afin de le rendre conforme aux constitutions de l’Ordre et aux lois canadiennes.

Les premiers chevaliers formèrent le premier conseil d’administration de l‘Association canadienne avec le juge en chef Thibaudeau Rinfret élu à la présidence et M. Quintin J. Gwyn comme chancelier. Celui-ci devait devenir président de l’Association plus tard avant d’accéder à la dignité et aux hautes fonctions de grand chancelier de l’Ordre à Rome. Devenu grand chancelier de l’Ordre, M. Gwyn avait défini le rôle et la mission moderne du chevalier — et de la dame — de Malte en des termes qu’il convient de rappeler tant ils sont toujours d’actualité:

Le chevalier de St. Jean d’aujourd’hui ne dégaine plus son épée pour la défense de la Chrétienté, il ne fait plus figure de héros, les insignes de son rang ne se voient que rarement et ne sont d’ailleurs pas comparables à la figure du chevalier médiéval armé de pied en cap et revêtu de ses ornements. Mais les mêmes dispositions doivent animer son esprit et son âme.

Il doit être préparé à exprimer sa pensée sur les affaires publiques et au besoin s’opposer à l’opinion courante. Politiquement sa place sera celle de tout honnête homme, ni à l’extrême droite, ni à l’extrême gauche, mais inébranlablement pour la justice, l’honnêteté, les droits de chaque individu, l’intégrité, la vérité et surtout la charité. charity. 8

La vie active de l’Association canadienne débuta par une messe en la chapelle de l’Université de Montréal, célébrée par Monseigneur Olivier Maurault, p.s.s., protonotaire apostolique, recteur de l’Université et chapelain conventuel de l’Ordre (†1968), et qui fut, selon feu le Cardinal Carter dont il avait été en quelque sorte le mentor, l’un des fondateurs exceptionnels de l’Association canadienne.9

Le distingué prélat et universitaire rappela dans son homélie les paroles prononcées par Pie XII 10 au sujet de l’Ordre de Malte, “à savoir que longtemps avant que les nations en viennent à établir des organismes internationaux, l’Ordre avait réuni les hommes de huit pays différents pour les faire se consacrer à la défense de valeurs spirituelles : la paix, la foi, la justice et l’ordre social.” .11

On commença dès lors à recruter dames et chevaliers. À l’époque, les investitures revêtaient un caractère presque privé. Il en fut ainsi à Québec lorsque l’honorable Onésime Gagnon (†1961), lieutenant-gouverneur de la province, et Monseigneur Maurice Roy (†1985), archevêque de Québec et plus tard Cardinal, furent admis dans l’Ordre. Assez rapidement, l’Association canadienne recruta des membres en Ontario, dans l’Ouest canadien et au Canada atlantique.

En 1960, l’Association comptait 74 membres répartis comme suit : 10 religieux, 51 chevaliers, 1 donat, 12 dames. Le Québec comptait 27 membres, l’Ontario 17, la Nouvelle-Écosse 4, le Nouveau-Brunswick 1, la Saskatchewan 2 et un en Colombie-Britannique.

L’Association canadienne manifesta sa présence publique pour la première fois, à Montréal, en 1954 alors qu’au cours d’une soirée de gala eut lieu la projection du film The Battle of Malta. Le produit de cette soirée, jugée un succès, fut remis à Monseigneur sir Michele Gonzi (†1984), archevêque de l’archipel Maltais et bailli grand-croix de l’Ordre. Il s’agissait de venir en aide aux orphelins de Malte. 12

On ne s’étonnera pas que l’Association canadienne ait joué un rôle actif auprès des immigrants européens, notamment de Pologne et de Hongrie. C’est ainsi que l’Association parraina, en 1955, le Jardin de l’enfance Saint-Jean de Jérusalem, à Montréal, sous la présidence du comte Tadeusz Romer (†1978), président de l’Association des immigrants de guerre polonais du Canada, professeur à l’Université McGill et ancien ministre des Affaires étrangères de Pologne.

Placée sous la direction de Madame Irène Smodliboska, la garderie avait accueillie, dès sa deuxième année, quelque cinquante-quatre enfants. Les religieuses bénédictines de Sainte Lieuka, établies à Montréal et dont l’action caritative était orientée vers les immigrants européens, reçurent aussi un appui de l’Association canadienne.

Cette activité en faveur des émigrés européens réfugiés au Canada était parfaitement justifiée comme en fait foi le passage suivant d’un rapport annuel de l’Association:

Les souffrances que vos dons ont aidé à soulager ont excédé ce que votre générosité nous permettait de faire, mais il est consolant de savoir que, par l’envoi de contributions aux confrères directement engagés dans des œuvres de miséricorde corporelle, nous mettions en évidence la solidarité et la commune loyauté envers nos antiques traditions qui rattachent les unes aux autres les diverses associations nationales.13

L’Association canadienne s’impliqua aussi dans la clinique conjointe des donneurs de sang de la Croix-Rouge et de l’Ordre de Malte à Montréal, établie en mars 1958.

Commentant la fondation de l’Association canadienne, un journal de l’époque écrivait : “La première mesure posée par l’association canadienne a été la création d’un corps auxiliaire de volontaires (sic) prêts à donner un peu de leur temps et de leur dévouement pour aider les nombreuses institutions et organisations charitables.” 14

Le journal précisait : « Ainsi, on a un grand besoin d’automobilistes pour constituer une espèce de service de taxi pour les enfants que l’on doit conduire périodiquement aux hôpitaux pour des traitements. » Le comité chargé de ce premier corps d’auxiliaires était présidé par Madame William Van Horne, née Hannan (†1987), dame de l’Ordre admise en 1953.

Parmi les premières dames de l’Ordre admises dans l’Ordre au Canada, il faut mentionner aussi Madame Justine de Gaspé Beaubien, CBE (†1967), née Lacoste, dont le nom est si intimement lié à l’Hôpital Sainte-Justine. Dès la première heure, les dames de l’Ordre ont assumé des tâches de premier plan dans l’Association canadienne. Parmi les dames de l’Ordre, mentionnons également l’honorable Pauline Vanier (†1991), dame grand-croix de grâce magistrale, épouse de feu le général George Philias Vanier (†1967), gouverneur général du Canada, grand-croix de grâce magistrale avec cordon. L’investiture eut lieu à Rideau Hall le 21 décembre 1960. 15

En 1955, à l’initiative du chancelier Gwyn, secondé par le comte Keyserlingk, le corps des auxiliaires fut fondé à l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal. D’autres corps devaient être fondés par la suite au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap-de-la-Madeleine ainsi que pour assister dans diverses œuvres à Montréal, notamment à la Résidence Jean-de-Lalande et au Centre d’accueil de Lachine. Il y eut une brigade de prières dans le diocèse de Saint-Jean-Longueuil et à l’Institut Bruchési de Montréal.

Depuis quinze ans, les brigades, qui comptent 121 bénévoles, sont sous la direction du chevalier Henri Pellland. Elles cumulent plus de 9 million d’heures de bénévolat.

Dans la région métropolitaine de Montréal, par le biais de la Maison Joie-de-Vivre, l’Association canadienne aide aussi les jeunes femmes qui désirent continuer leur grossesse plutôt que d’avorter.

Aux origines de l’Association, par le biais des auxiliaires, des cours de premiers soins étaient donnés dans les écoles catholiques de Montréal ainsi qu’aux corps de cadets des écoles catholiques supérieures. Des cours semblables étaient également donnés à Québec. Les cours prirent une telle ampleur qu’en 1956 le Cardinal Léger remit personnellement 450 certificats aux auxiliaires d’ambulances et de premiers soins. On renonça à cette activité éventuellement puisqu’elle doublait les services offerts par l’Ambulance Saint-Jean de l’Ordre frère.

En 1954, un an après la fondation de l’Association canadienne, l’hebdomadaire montréalais La Patrie rendait compte en ces termes des activités, déjà nombreuses de la jeune association:

Jusqu’ici les Chevaliers ont préféré aider les œuvres existantes, plutôt que d’en créer de nouvelles. Ils ont collaboré aux œuvres des Sœurs du Bon Conseil, des Sisters of Service, du Centre Casinius, des immigrants catholiques etc. […] L’Ordre de Malte du Canada vient en aide aux œuvres missionnaires catholiques et surtout à l’une d’elles, qui s’occupe du transport des missionnaires catholiques dans leurs déplacements d’un pays à l’autre, ce pourquoi il a reçu, entre autres, les remerciements et les félicitations des Missions-Étrangères canadiennes et de la société des Pères Blancs d’Afrique. 16 (Traduction)

Cette assistance aux missions catholiques prit une forme inusitée. Conçue et administrée par nos regrettés confrères, le comte Keyserlingk et Darley LeMoyne, elle prit la forme, sous le nom de RAPTIM-Canada LTD. d’une agence de voyage spécialisée dans les déplacements de missionnaires. Elle fut incorporée par charte fédérale en 1956. Lorsqu’elle cessa d’exister, en 1970, ayant été amalgamée à RAPTIM-HOLLANDE, elle pouvait légitimement se targuer d’avoir assisté 1 200 missionnaires, appartenant à 89 ordres et congrégation en une seule année. 17

Des initiatives caritatives et hospitalières se développèrent parallèlement à Québec, à Ottawa et à Toronto, toutes dirigées ou animées par des chevaliers et des dames de l’Ordre. C’est ainsi qu’à Québec, la Maison Saint-Joseph, refuge de nuit pour les sans-abri, placé sous la direction des Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, reçu un appui de l’Association canadienne, grâce à l’engagement des chevaliers Simon G. Parent (†2003) et Vincent A. Curmi (†1954). Un corps d’auxiliaires y fut aussi institué.

Ce fut à Québec que l’Association commença son apostolat spirituel auprès des marins par l’entremise du Club des Marins Catholiques de Québec, à l’initiative de nos confrères Parent et Curmi. Cette première initiative fut rapidement reproduite à Montréal, Toronto et Hamilton par le truchement de l’organisation Apostalus Maris. Cette assistance, qui prit diverses formes selon les besoins, venait à son heure comme en fait foi le commentaire contemporain d’un chapelain auprès des marins :

Il devint vite évident que dans le monde actuel les besoins du marin sont plus souvent spirituels que matériels. Les conditions de vie du marin se sont considérablement améliorées, ne serait-ce que par rapport à ce qu’elles étaient il y a cent ans. À cette époque l’indigence et le risque étaient le lot commun de ceux qui partaient sur les mers.18

À Toronto, en septembre 1965, un groupe de chevaliers, à l’initiative de Louis L. Odette (†2011), acquit 100 acres de terrain à la campagne, dans la banlieue de Orangeville afin d’y ériger une maison d’accueil pour jeunes handicappés mentaux. Le Good Shepherd Manor, un établissement dirigé par les Petits Frères du Bon-Pasteur, fut inauguré le premier octobre 1966, La mission de ce centre d’accueil fut définie comme suit par les Frères :

Nous espérons que ces garçons pourront mieux s’adapter à leur milieu familial. Nous leur enseignerons la propreté et l’entretien de leurs vêtements et nous les aiderons à se rendre utiles au moyen de petits emplois dans l’industrie légère et l’agriculture. Nous leur enseignerons aussi des travaux d’art et d’artisanat.19

En 1971, les Frères remerciaient les membres de l’Association canadienne pour le succès de la campagne financière qui leur était venue en aide et qui avait eu pour résultat de faire accepter le Manoir comme institution permanente par le gouvernement de l’Ontario. Le rapport annuel de l’époque notait aussi que « la qualité du service et les attentions délicates des Frères du Good Shepherd ont eu comme conséquence que le Metropolitan Toronto Separate School Board a désigné le foyer comme centre d’entraînement pratique pour les instituteurs s’orientant dans cette carrière. » La commission scolaire lui accorda également un soutien financier.

Plus tard, d’autres œuvres virent le jour comme Providence Villa, St, Francis’ Table et le programme Out of the Cold, entre autres activités caritatives.

À Ottawa, ce fut, en 1973, la fondation des Associés des Centres d’accueil, une maison dirigée par les Frères des Écoles Chrétiennes. Il s’agissait de faciliter l’intégration sociale des jeunes délinquants en voie de réhabilitation car, “en l’absence d’un centre d’accueil tel qu’on l’a conçu, ces jeunes devraient séjourner plus longtemps dans une institution pénale où leurs chances de se réintégrer dans la société sont plus problématiques.” Notre confrère, Me Maurice Boisvert (†1988), en fut le premier président.

Un corps de bénévoles fut fondé sous la direction du docteur Osman P. Gialloretto, chevalier de grâce magistrale, en novembre 2000, avec la collaboration de la Société Alzheimer d’Ottawa-Carleton.Le Collège Algonquin donne la formation requise aux bénévoles dont la mission est d’assister les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, sous la tutelle de professionnels, soit dans des institutions de soins à long terme ou dans des résidences spécialisées.

Depuis novembre 2001, l’Association canadienne parraine le Canadian Catholic Bioethics Institute, fondé à Toronto la même année et placé sous la direction du chevalier de grâce magistrale, le docteur William Sullivan, BSc, MD, CCFP, PhD. L’Institut est basé et rattaché à St. Michael’s College, une université catholique affiliée à l’Université de Toronto. La bioéthique s’intéresse aux questions d’ordre moral soulevées par la recherche en soins de santé et biomédicaux. Lors du lancement officiel de l’Institut, le docteur Sullivan en a expliqué la mission comme suit:

Les Canadiens, y compris les Canadiens catholiques, font face à une gamme importante de questions complexes dans le champ de la bioéthique, de la recherche sur les cellules souches et l’euthanasie.20

Le CCBI rassemblera les penseurs canadiens les plus compétents provenant d’un large éventail de disciplines connexes qui s’intéressent à ces questions. Ces travaux exigeront certainement l’aménagement de ponts entre les humanités et les sciences de la vie, mais nous croyons que ces ponts sont nécessaires si nous devons humaniser les soins de santé en cette époque de technologies médicales avancées. 21 (Traduction)

Le Cardinal Paul-Émile Léger (†1991), archevêque de Montréal, fut admis dans l’Ordre à Rome en qualité de bailli grand-croix d’honneur et de dévotion en 1954, le premier à porter cette dignité au Canada. En présence du lieutenant du grand magistère ad intérim, le comte Antonio Hercolani Fava Simonetti (†1962), le Cardinal avait déclaré:

“La dignité que l’Ordre de Malte me confère en ce moment n’est pas une simple décoration. L’étoile des Chevaliers de Malte brille au ciel de l’Histoire d’un éclat particulier et si le monde moderne marchait dans ses feux, il retrouverait le havre de paix ….”

La remarquable allocution qu’il prononça au palais de l’Ordre, via Condotti, annonçait l’intérêt personnel que le Cardinal marquerait pour l’Ordre et ses œuvres. S’inspirant de la longue tradition caritative de l’Ordre, il avait ajouté :

Devant toutes les murailles qui divisent les peuples et les frères dans un même pays et dans une même maison, il faut ranger l’armée des doux, des miséricordieux, des bâtisseurs de la paix, dans le respect de la vérité et du droit. Durant de longs siècles, l’Ordre de Malte a porté par toute la terre l’étendard sur lequel brillait cette croix, chargée des rayons des huit Béatitudes. Les peuples qui ont suivi cette lumière ont connu la paix qui a marqué cette période de l’Histoire qui s’appelle la Chrétienté. 22 Translation

Pour bien marquer l’estime en laquelle il tenait l’Ordre et son association canadienne, le Cardinal mit la chapelle des mariages de la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde à la disposition de l’Association canadienne en 1958. 23

Ce fut également au cours de 1958 que le colonel Thomas Guerin, chevalier grand-croix de grâce et de dévotion et président de l’Association canadienne, offrit une épée fabriquée vers 1550, qui sert depuis aux processions solennelles ainsi qu’à l’adoubement des chevaliers. 24

On a vu que les premières investitures revêtaient un caractère presque privé. Éventuellement, on leur donna plus d’éclat en invitant les représentants diplomatiques des pays ayant des relations diplomatiques avec l’Ordre au dîner de gala donné à Ottawa après chaque investiture. De cette façon, le statut international de l’Ordre, tout comme sa souveraineté, étaient mis en évidence. À titre d’exemple, citons un extrait du toast porté à l’Ordre de Malte, à

Ottawa, en 1967, par M. Hans W. Glasser, ambassadeur de Suisse au Canada. Le diplomate Helvète déclarait:

Vous pouvez être fiers du riche héritage que l’Ordre vous a laissé et la responsabilité à chacun de ses membres, la tâche de poursuivre ses efforts et buts charitables, en soulageant les souffrances des membres les moins fortunés de l’humanité. Une vraiment noble mission que vous avez tous accepté de poursuivre et de transmettre aux générations futures. 25

Ces dîners avaient une importance que l’on ne saurait mésestimer. Ainsi, le gouverneur général et Madame Vanier honoraient régulièrement l’Association de leurs présence. En 1964, ils étaient accompagnés par le premier ministre Lester B. Pearson et Madame Pearson. Le gouverneur général Roland Michener et Madame Michener participèrent aussi régulièrement à ces dîners. On peut affirmer que ces déploiements protocolaires ont servi les buts de l’Association canadienne de l’Ordre de Malte.

Inévitablement, étant donné la nature internationale de l’Ordre, l’Association canadienne se devait de s’impliquer dans les œuvres internationales parrainées par l’Ordre. C’est ainsi qu’en 1970 26, en réponse à une invitation du Saint-Père, l’Association canadienne s’impliqua dans Mater Orphanorum, un refuge au Guatemala pour orphelins et enfants abandonnés. Ce fut le chevalier torontois, Edwin J. Brisbois (†1976), qui représentât l’Association canadienne au cours de plusieurs missions au Guatemala. 27

L’Association canadienne participa aussi à la fondation de l’Institut de Léprologie Appliquée de Dakar, au Sénégal, en collaboration avec l’Agence canadienne de développement internationale (ACDI). En avril 1975, le bailli-président Marc Lacoste (†1981), accompagné du chevalier grand-croix Maurice Corbeil (†1999), trésorier honoraire de l’Association, se rendirent en mission au Sénégal où ils furent reçus par le Président Léopold Senghor. 28

En janvier 1964 fut établi le Fonds de charité de l’Ordre de Malte conçu pour centraliser les efforts financiers de l’Association canadienne. Ce fut aussi en mars de la même année qu’un protocole de coopération entre l’Association canadienne et l’Université d’Ottawa fut signé dans le but d’établir l’Institut de médecine pastorale, une initiative de notre regretté confrère le docteur Jean-Jacques Lussier, Ph.D., M.D. (†1975), alors doyen de la faculté de médecine.

La vie spirituelle des membres de l’Association canadienne ne fut pas négligée. Ainsi, en 1973, on inaugurait la première d’une série de retraites à l’intention des membres à l’abbaye bénédictine de Saint-Benoît-du-Lac, dans les cantons de l’est du Québec. La tradition de retraites spirituelles régulières est maintenue fidèlement par la délégation régionale de Montréal, d’abord à l’abbaye des Trappistes d’Oka puis à l’abbaye cistercienne de Rougemont.

L’un des grands moments dans l’histoire de l’Association canadienne eut lieu à l’automne de 1992 lorsque le 78e grand maître, S.A.É. Frà Andrew Bertie (†2008), accompagné d’une délégation des hautes dignités de l’Ordre, visita le Canada. C’était la première fois qu’un grand maître de l’Ordre foulait le sol canadien et cette visite coïncidait avec une impressionnante série d’anniversaires que Frà Andrew Bertie ne manqua pas de signaler.

Le Canada célébrait le 125e anniversaire de la Confédération canadienne et 1992 marquait aussi le 500e anniversaire de la première expédition de Christophe Colomb en Amérique ; le 360e anniversaire de l’arrivée du commandeur Isaac de Razilly, le premier chevalier de Malte dans ce qui devait devenir le Canada ; le 350e anniversaire de la ville de Québec et le 150e anniversaire de l’érection de l’archidiocèse de Toronto. De plus, et ce n’était pas le moindre, 1992 marquait le 40e anniversaire de l’incorporation de l’Association canadienne.

Après avoir énuméré tous les défis rencontrés et relevés depuis la création de l’Église de Toronto, Frà Andrew Bertie nota que tous ces défis avaient été relevés au prix de difficultés et de sacrifices. Toutefois, ajoutait-il, “rien de ce qui est bon et utile ne s’accomplit aisément, mais il est évident que les Canadiens aiment à relever les défis. Édifier et maintenir votre pays et votre Église en sont des preuves évidentes” (traduction). Puis il ajouta:

J’aime à croire que l’Ordre de Malte a joué un rôle dans tout ceci. L’Association canadienne a été à l’avant-garde des garderies d’enfants, des soins aux enfants physiquement et mentalement malades, de la prise en charge des jeunes délinquants comme aussi de l’accueil des réfugiés. Elle est, d’une certaine manière, victime de son succès alors que beaucoup de ses initiatives ont été prises en charge dans le cadre du splendide réseau social et médical canadien. Alors que l’Association canadienne recherche de nouvelles voies, elle est consciente de ses limitations, aussi cherche-t-elle à définir ses priorités. Les soins aux pèlerins, qui ont été à l’origine de l’Ordre, sont donc particulièrement importants. On trouve au Canada quatre des principaux lieux de pèlerinage de la chrétienté. Les soins aux aînés et la formation, tout comme l’appui moral aux professionnels chargés du soin des aînés est aussi important (traduction) 29

Le grand maître se rendit à Niagara, à Toronto, au sanctuaire des saints martyrs canadiens, à Midland, à Ottawa, à Montréal, au sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap au Cap-de-la-Madeleine et à Québec. 30

Lors de l’inauguration à Toronto du Good Shepherd Refuge, le grand maître établir un parallèle entre les Petits Frères du Bon-Pasteur, avec qui la délégation de Toronto était associée depuis de nombreuses années à cause de l’ancien Good Shepherd Home, et la mission de l’Ordre. Il le fit en ces termes :

Les Petits Frères du Bon-Pasteur forment une jeune communauté dans l’Église, mais s’en est une qui s’est distinguée depuis sa fondation par son service envers ceux que, dans notre Ordre, nous avons toujours qualifié de “nos seigneurs les malades et nos seigneurs les pauvres”. Cette phrase nous rappelle que nous sommes les serviteurs des infortunés. Je suis frappé aussi par la coïncidence — mais n’est-ce pas plus que cela ? — que le Christ non seulement nous met au défi de le reconnaître lui-même en ces personnes, mais aussi que nous le prions souvent sous le titre de “Notre Seigneur” (traduction). 32/sup>

À Ottawa, où il fut reçu à déjeuner à la présidence du Sénat, une entente postale fut signée à cette occasion entre Poste Canada et les Postes magistrales. De plus, un protocole solennel de coopération et de fraternité fut signé en sa présence entre le Grand prieuré de l’Ordre très vénérable de Saint-Jean de Jérusalem et l’Association canadienne, représentés respectivement par son chancelier, le docteur Donald Rae (†1998), par S.E. le professeur John A. MacPherson, alors président de l’Association canadienne, et par le docteur Joachim O.W. Brabander (†1995), responsable de la sous commanderie canadienne du Johanniterorden.

Cet accord est dans l’esprit du concordat qui rassemble les ordres légitimes de Saint-Jean de Jérusalem en une commune tradition. Il est particulièrement utile pour renforcer cette tradition quasi millénaire mais aussi pour parer aux organismes de tout genre qui pullulent sous divers noms de Jérusalem et de Malte, et qui empruntent sans vergogne les insignes et emblèmes des ordres légitimement reconnus.

En 1975, sous la présidence du bailli grand-croix en obédience Marc Lacoste, des relations fraternelles suivies avec le prieuré canadien de l’Ordre très vénérable de Saint-Jean furent inaugurées par une visite que le juge Lacoste fit au chancelier du prieuré, le brigadier général G.E. Beament, C.M., O.B.E., G.C.St.J., E.D., Q.C. (†2005), accompagné du chevalier de grâce et de dévotion, Robert Pichette. 33

Cette prise de contact officielle, qui donna lieu à des relations suivies par la suite, s’était effectuée dans un esprit de cordialité propre à une relation normale entre les ordres légitimes de Saint-Jean. 34

Cette fraternité fut soulignée également à Montréal où le grand maître et sa suite furent reçus par la sous commanderie canadienne du Johanniterorden. Par ailleurs il convient de souligner la participation active du Johanniterorden à un programme de visites à domicile et de transport mis sur pied, à Victoria, CB par des membres de l’Association canadienne de l’Ordre de Malte, bel exemple de coopération pratique et mutuelle.

Devant les dames, les chevaliers et les auxiliaires canadiens de l’Ordre réunis à l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, le grand maître avait évoqué la mission de l’Ordre en ces termes :

Nous appartenons à un très ancien Ordre de l’Église dont la mission essentielle — servir « nos Seigneurs les pauvres, nos Seigneurs les malades » — n’a pas changée au cours des siècles. Au contraire, elle s’est intensifiée. L’engagement solennel que chacun de nous prend en devenant membre de l’Ordre de Malte nous constitue de véritables croisés au service de l’Église et de l’humanité toute entire. Partout où il passa en Canada, Frà Andrew Bertie insista sur la mission de l’Ordre. “Les chevaliers et les dames de l’Ordre de Malte sont, disait-il, depuis des siècles, les témoins de la continuité de l’Église, c’est-à-dire du message évangélique lui-même.” 35 (Traduction)

Le grand maître invitait les membres de l’Association canadienne à faire leur la vision de l’Ordre telle que le Cardinal Léger l’avait évoquée à Rome dans les termes suivants:

La stratégie et la tactique du Royaume de Dieu ne changent pas. L’Église d’aujourd’hui a besoin de soldats qui acceptent l’armure des chevaliers d’hier ; l’esprit des Béatitudes. À la puissance, et disons toute notre pensée, à la domination de l’argent, il faut opposer l’âme du pauvre à qui le Seigneur a promis son assistance […].36 (Traduction)

Et le grand maître pressait les membres de l’Association canadienne pour qu’ils méditent ces paroles qui renferment l’essence de la mission fondamentale de l’Ordre “car toutes les bonnes œuvres auxquelles nous nous adonnons n’ont de sens que si elles sont accomplies sous le signe de la spiritualité de l’Ordre.” 37

En 1995, les bureaux de l’Association déménageaient de Montréal à Ottawa. La fraternité et la coopération entre les ordres légitimes de Saint-Jean de Jérusalem trouva son apogée à Ottawa, en 1999, alors qu’un service œcuménique rassemblait les membres de l’Association canadienne de l’Ordre souverain de Malte, du prieuré de Saint-Jean de Jérusalem et de la sous commanderie du Johanniterorden, pour marquer solennellement le 900e anniversaire de fondation de notre Ordre, en présence du gouverneur général, le très honorable Roméo A. LeBlanc (†2009), prieur du prieuré canadien de l’Ordre très vénérable de Saint-Jean de Jérusalem, et de membres du corps diplomatique. Le célébrant en la basilique Saint Patrick, d’Ottawa, était le Cardinal Aloysius Ambrozic (†2011), archevêque de Toronto et bailli grand-croix d’honneur et de dévotion de l’Ordre de Malte.

Un survol aussi bref des origines de l’Association canadienne exclu, malheureusement, une recension complète des nombreuses activités diversifiées entreprises par l’Association depuis sa fondation, d’un bout à l’autre du pays. D’autant plus que, plusieurs activités, hier comme aujourd’hui, ont été entreprises ponctuellement en réponse à des appels urgents à la suite de catastrophes naturelles, militaires ou politiques, dans la grande tradition de l’Ordre. Ainsi, l’Association est membre de la Commission internationale de l’Ordre, présente dans des situations de conflits et de désastres.

Lors des Journées mondiales de la jeunesse, à Toronto, en juillet 2002, en présence du Pape Jean-Paul II, des chevaliers, dames et auxiliaires de l’Association canadienne ont été particulièrement actifs en qualité de bénévoles affectés aux pèlerins nécessitant des soins spéciaux sur le site des manifestations.

Il est clair que les membres passés et présents de l’Association ont su s’imprégner de cette tradition depuis la fondation officielle de l’Association, en 1953. 38

Le cinquantième anniversaire de fondation de l’Association canadienne permet de rappeler le message que le Cardinal Léger livrait à Rome en 1954 tant ce message est toujours d’actualité :

L’Église nous invite à bâtir un monde meilleur et Elle demande à tous ses enfants d’être les témoins authentiques de l’Évangile. Que ceux qui ont le privilège de porter l’étendard sur lequel brille la Croix de Malte soient les premiers artisans de ce monde.39 (Traduction)

À l’aube du 21e siècle, l’Association canadienne de l’Ordre souverain de Malte s’efforce toujours de marcher sur les traces des pionniers nord-américains dans la tradition de l’Église et de l’Ordre; une tradition vieille de près de 400 ans.

Au cours de l’existence de l’Association canadienne, homélies et discours ont tous soulignés avec à propos et insistance cette tradition à laquelle nous appartenons. Ainsi, l’homélie de l’abbé Jonathan Robinson, chapelain de l’Ordre, reprenait ce thème avec force lors de l’investiture en la cathédrale d’Ottawa, en 1967. La pertinence de cette exhortation incite à en rappeler les grandes lignes :

Notre Association doit être un témoignage vivant rendu au caractère éternel de notre foi, un témoignage rendu au Christ qui est le même hier, aujourd’hui et demain. Et, cet après-midi, quand vous vous réunirez pour faire des plans pour le futur, je vous prie de vous rappeler que vous êtes les membres d’une Église qui professe cette foi sociale, dogmatique et éternelle. Vous ne devez pas oublier que votre seul espoir pour l’avenir est de vivre cette foi ensemble comme un groupe, de façon que le pouvoir de Dieu et l’amour de Dieu puissent être rendus un peu plus manifestes en cette époque confuse et disloquée dans laquelle nous vivons. Soyons zélés et repentons-nous, car nous savons que notre époque est méchante et l’Église a besoin de loyauté, de fermeté et d’amour. 40

Cette insistance sur l’implication personnelle des membres de l’Ordre dans la grande tradition historique et spirituelle de l’Ordre et de l’Église n’est pas fortuite. Ainsi, un autre éminent chapelain de l’Ordre, le Père Rodrigue Normandin, o.m.i. (†1977), ancien recteur de l’Université d’Ottawa, se situait dans le même schème que ses prédécesseurs lorsqu’il prononçait l’homélie de la messe d’investiture en 1969. Il est bon de citer un extrait important de cette homélie qui rappelle la pérennité de notre mission :

Les membres de l’Ordre de Malte ont toujours considéré comme un devoir spécial non seulement de préserver la foi en eux-mêmes, mais aussi de la défendre et de la faire rayonner. À cette double fin, rien ne vaut autant que le témoignage personnel. Un témoignage fondé sur de solides convictions, un témoignage sincère et loyal, un témoignage discret mais efficace et qui engage toute la personne.

Lors de l’investiture de 1971, le grand chancelier Gwyn, présent à Ottawa, avait donné une définition efficace du modèle qu’un membre de l’Ordre devrait suivre pour honorer son engagement dans l’Ordre. Il affirmait:

Il n’y a rien qu’un membre de l’Ordre puisse entreprendre qu’on puisse considérer si petit ou si peu important. Souvent une petite gentillesse a une plus grande valeur que même un travail charitable très considérable : faire la lecture à un aveugle, aider les pauvres gens à compléter certaines formules gouvernementales, conduire quelqu’un à l’hôpital ou à la clinique externe, visiter les vieillards chez eux. Autant d’actes charitables qui sont dans l’esprit de l’Ordre. 41

Il serait fastidieux de dresser en une brève notice historique un inventaire complet de toutes les activités auxquelles l’Association canadienne a participé et contribue depuis sa fondation. Notons que, simultanément, l’Association canadienne contribuaient aux activités caritatives et hospitalières de l’Ordre sur la scène internationale. Ces activités internationales diversifiées se maintiennent de nos jours et l’Association canadienne maintient une panoplie de services caritatifs, hospitaliers et spirituels en conformité avec la mission originelle de l’Ordre. 42

C’est cet esprit de l’Ordre qui gouverne l’Association canadienne. Lors de sa visite canadienne, en 1992, le grand maître Frà Andrew Bertie avait déclaré: “En vérité, vous êtes un pays et un peuple bénis.”

Rober Pichette

ROBERT PICHETTE, originaire d’Edmundston (Nouveau-Brunswick), fils de feu l’honorable juge J. Albert Pichette, CR, BA, LL.B., DCL et de sa première épouse, Mary Ann Duncan, est un journaliste et écrivain.  À la retraite de la fonction publique provinciale et fédérale, il a été de 1963 à 1970, chef de cabinet et sous ministre du Premier ministre Louis J. Robichaud ainsi que premier directeur des Affaires culturelles du Nouveau-Brunswick.  Il a été éditorialiste et chroniqueur au quotidien L’Acadie Nouvelle, chroniqueur au Globe and Mail ainsi qu’au Telegraph Journal.  Reconnu comme une autorité en héraldique, il fut l’un des fondateurs de la Société royale héraldique du Canada en 1965, puis son président.  Il est Fellow de la Société.  Le Gouverneur général Roméo LeBlanc le nomma Héraut Dauphin honoraire de l’Autorité héraldique du Canada.  Pichette a été élu membre de l’Académie internationale d’héraldique.  Il est l’auteur d’une trentaine de livres qui traitent surtout d’histoire de l’Acadie et d’héraldique.  Il fut le concepteur du drapeau du Nouveau-Brunswick en 1965.  Il a été brièvement professeur invité de journalisme à l’Université de Moncton. En 1998, l’Université Sainte-Anne de la Pointe-de-l’Église, en Nouvelle-Écosse, lui conférait un doctorat honoris causa en lettres.  En 2004, l’Université de Moncton lui décernait un doctorat honoris causa en administration publique. Lauréat du Prix du Lieutenant-gouverneur pour l’excellence dans les arts 2017 (arts littéraire en français). Il a été très actif pendant longtemps dans les activités de l’Ambulance Saint-Jean au Nouveau-Brunswick.  Pichette est commandeur de l’Ordre très vénérable de Saint-Jean de Jérusalem et chevalier grand-croix en obédience de l’Ordre souverain de Malte.  Il est membre de l’Ordre du Nouveau-Brunswick depuis 2006.  Il est aussi officier de l’Ordre national de la Légion d’honneur, officier de l’Ordre du Mérite de France, chevalier de l’Ordre des arts et des lettres (France), des Palmes académiques (France) et de l’Ordre de La Pléiade.  Il habite Moncton.

Sources

1Hormisdas Magnan, Dictionnaire historique et géographique des paroisses, missions et municipalités de la province de Québec, Arthabaska, L'Imprimerie Arthabaska, Inc., 1925, p. 601
2 Lisez Robert Pichette, Cette honorable Croix: Les ordres de Saint John dans le nouveau monde, Association canadienne, Ottawa, 1999.
3 Claire-Éliane Engel, Histoire de l'Ordre de Malte, Nagel, Genève, Paris, Munich, 1968, p. 266
4 Rapport annuel, 1958-59, p.8
5 Montréal, Palm Publishing, 1949, 222 p.
6 Ce livre, bien que pionnier, n'est pas fiable en tant que source
7 Rapport annuel, 1963, p.5
8 Quintin Jermy Gwyn, Huissier de la Grande Croix d'Obédience, "Un Chevalier de Saint Jean aujourd'hui". Texte d'une allocution du Grand Chancelier Gwyn à l'ouverture de la Conférence des Grands Prieurs, des Régents des sous-prieurés, des Présidents des associations nationales et des chefs des missions diplomatiques, Rome, 25-28 octobre 1970, Rome, Palazzo Malta, 1970 , p.4-5
9 Lettre du Cardinal Carter à l'auteur, Toronto, 14 juin 2001
10 Avant son élection à la papauté, le cardinal Eugenio Pacelli avait été huissier de la Grande Croix de l'Ordre
11 Extrait d'une coupure de presse anonyme non datée dans un journal de Montréal dans les archives de l'auteur
12 Ibid
13 Rapport annuel, 1956-57, p.12
14 Ibid
15 Q.J.Gwyn, vice-président et chancelier, Bulletin aux membres de l'Association canadienne, Montréal, 5 janvier 1960. Archieves de l'auteur.
16 Conrad Langlois, «Le cardinal Léger devient membre de l'Ordre de Malte», La Patrie, Montréal, dimanche 5 décembre 1954, p. 69 et 108
17 RAPTIM était l'anagramme de l'Association Romaine Romaine Pro Transvehendis Missionnaris, c'est-à-dire l'Association Romaine pour le Transport des Missionnaires
18 Rapport annuel, 1962, p.7
19 Rapport annuel, 1966, p.15
20 Toronto, le 16 novembre 2001, communiqué de presse: «Lancement de l'Institut canadien de bioéthique catholique aujourd'hui».
21 Cité par H.M.E.H. Frà Andrew Bertie, Grand Maître de l'Ordre, dans un discours aux membres de l'Association canadienne, Montréal, le 26 septembre 1992
22 Ibid
23 Rapport annuel, 1957-58, p.7
24 Au moment de son admission à l'Ordre, le 11 juin 1953 à titre d'aumônier de l'obéissance magistrale, le chanoine Carter était directeur de l'école normale Jacques-Cartier (section anglaise) et président de l'Institut Thomas More de Montréal. Éducation des adultes. Voir The Montreal Ensign, 30 janvier 1954, p.111
25 Homélie par le cardinal Carter, le 24 juin 1988, à l'église St. Paul (maintenant la basilique Saint-Paul), à Toronto, dans Une tradition d'honneur, Association canadienne des SMO de Malte, 1991, p.36.
26 Ces armes, qui ne respectaient pas les règles de l'héraldique, avaient été adoptées et exposées dans le pavillon de l'Ordre à l'Exposition universelle de Bruxelles. Depuis, le Chief Herald of Canada a accordé des armes appropriées.
27 Rapport annuel, 1958-59, p. 12-13
28 Sur Madame Albani, lisez Pierre Vachon, Collection "Emma Albani" biographique Célébrités, Editions LIDEC inc., 2001
29 Rapport annuel, 1957-58, p.7.
30 rapport annuel, 1967, p.6.
31 Notes pour les remarques de Son Altesse Eminent, Frà Andrew Bertie, Prince Grand Maître, Ordre Souverain Militaire de Malte, dîner à Toronto, le 22 septembre 1992.
32 Notes pour les remarques de Son Altesse Eminent, Frà Andrew Bertie, Prince Grand Maître, Ordre Souverain Militaire de Malte, Refuge du Bon Pasteur, Toronto, 21 septembre 1992.
33 Rapport annuel, 1976, p.4
34 Johanniter Herald, vol. XVIII, n ° 2, p.4
35 Montréal, le 25 septembre 1992, remarques du Grand Maître à l'Oratoire Saint-Joseph
36 cité par le Grand Maître, Montréal 25 septembre 1992
37 Montréal, le 26 septembre 1992, remarques du grand maître aux membres de l'Association canadienne
38 Voir aussi Robert H. Keyserlingk, Robert Pichette, L'Ordre de Malte: passé et présent / L'Ordre de Malte: passé et présent, Association canadienne de l'Ordre de Malte, Montréal, 1978
39 Cité par H.M.E.H. Frà Andrew Bertie, Montréal, le 25 septembre 1992
40 Le révérend Jonathan Robinson, homélie à la Basilique-Cathédrale d'Ottawa, le 6 décembre 1967, dans son rapport annuel, 1967, p.3
41 Le révérend Rodrigue Normandin, o.m.i. homélie, 6 décembre 1969, dans Annual Report, 1969-70, p. 10-11
42 Rapport annuel, 1970-71, p.14

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