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L'histoire de l'Ordre

Deux grands Ordres de chevaliers-moines furent établis au Moyen-Orient à la suite de la Première Croisade et de la prise de Jérusalem aux Musulmans en 1099. Le premier était l'Ordre militaire du Temple ou des Templiers, nommé d'apres leur quartier- général près du site du Temple du roi Salomon. L'autre était l'Ordre militaire et hospitalier de Saint-Jean-de-Jérusalem ou les Chevaliers hospitaliers, qui tirent son nom du grand hôpital de Jérusalem et de sept autres "hôpitaux de Jérusalem" appeles aussi "hôtels pour pèlerins" distribués le long de la route des pèlerins de Terre Sainte.

Les deux Ordres devinrent, par la reconnaissance papale, des Ordres religieux de l'Eglise et leurs membres prononcèrent les trois voeux solennels de pauvreté, chasteté et obéissance. Les Templiers n'accomplirent que des fonctions militaires, la protection des pèlerins et des Lieux Saints. Lorsque le Royaume Latin de Palestine cessa d'exister à la fin du 13è siècle, les Templiers retournèrent en Europe, perdirent leur caractère militaire et furent dissous par le Pape au début du 14è siècle. Leurs biens furent remis en partie aux Chevaliers hospitaliers qui avaient commencé comme moines servant à l'Hôpital de Jérusalem. Peu à peu, ils assumèrent un caractère militaire et continuèrent, après la chute du Royaume Latin, de s'occuper des malades et de combattre les Musulmans dans leurs repaires insulaires de Rhodes puis de Malte.

Un Ordre de chavaliers et hospitaliers à l'origine, l'Ordre passa à la guerre navale lorsqu'il dut quitter la Terre Sainte pour s'établir à Rhodes puis à Malte. Durant plusieurs siècles, l'Ordre manoeuvra en Métiterranée comme l'une des principales puissances navales de cette mer, gardant les routes est-ouest contre les Musulmans. Expulsé de Malte par Napoléon 1er et dépossédé de son île par les Britanniques en 1815, l'Ordre trouva enfin une résidence permanente à Rome, au milieu du dix-neuvième siècle, se consacrant uniquement à son activité hospitalière traditionnelle. D'abord un important instrument pour la défense du monde chrétien, maintenant, l'Ordre aide à guérir l'humanité dans le monde entier.

 

LES QUATRES PÉRIODES DE L'HISTOIRE DE L'ORDRE:

1. Le Royaume Latin de Jérusalem et de Chypre 1099-1291

Lieux Saints de Jérusalem et des environs, témoins de la vie et de la mort du Christ, ont toujours joué un rôle dans la vie du christianism. Au cours des nombreux siècles qui ont suivi la mort du Christ, les pèlerins se sont aventurés, par terre et par mer, en risquant la maladie, les éléments, l'exploitation et souvent la mort pour revivre la vie du Christ sur terre en visitant les Lieux Saints et, ce faisant, acquérant pour eux-mêmes de grands avantages spirituels. Jusqu'au septième siècle, les Lieux Saints dépendaient de l'administration des empereurs romains. Le célèbre Empereur Constantin devint chrétien, déplaça sa capital vers l'Est à Byzance en 330 et erigea de remarquables églises dans les Lieux Saints. Parce que l'Empire romain d'occident se désintégraient graduellement sous les attaques répétées des barbares, l'Empereur chrétien d'Orient apparut comme le chef suprême du monde chrétien.
Mais au septième siècle de nouvelles invasions déferlèrent sur le monde byzantin lorsque des peuples voisins envahirent le territoire depuis l'Orient et les déserts d'Arabie. En l'an 614, Jérusalem tomba devant les envahisseurs Perses qui permirent la destruction de nombreux établissements chrétiens de ces lieux. Puis survinrent les Arabes motivés par la nouvelle religion: l'Islam. Ils envahirent d'abord la Syrie, la Mésopotamie, la Perse, puis occupèrent Jérusalem en 638, le reste de l'Afrique romaine vers l'an 700, atteignant l'Espagne en 711. Au début, le chef musulman de Jérusalem toléraient les fondations chrétiennnes et les pèlerins, reconnaissant officiellement, en 807, le nouvel Empereur d'Occident, Charlemagne, en sa qualité de protecteur des chrétiens. Charlemagne contribua à la reconstruction de certains édifices détruits, y compris un hôpital que l'on disait avoir été fondé par le Pape Grégoire en l'an 600, la grande église de Sainte Marie Latine et un monastère de moines bénédictines au service de l'hôpital.

Une seconde vague de persécutions systématiques des chrétiens sévit à la fin du dixième siècle lorsque les tolérants califes de Bagdad furent remplacés par les califes d'Égypte, plus fanatiques. Cependant, cette vague se résorba rapidement. Bientôt, les nouveaux califes conclurent un traité avec l'Empereur romain d'Occident, qui assuma la protection les Lieux Saints et commança la restauration de plus de 3000 églises et d'établissements chrétiens endommangés au cours des persécutions. De nombreux chefs d'État et gens fortunés d'Europe contribuèrent à rétablir la présence chrétienne en Palestine. Parmi eux, se trouvait un groupe de riches marchands de la République commerçante d'Amalfi, au sud de Naples. Ils achetèrent les ruines de l'église et de l'hôpital de Charlemagne, à proximité de l'église du Saint-Sépulchre. Ils défrayèrent le coût de la reconstruction de Hôpital, de l'église et du monastère, où les Bénédictines vécurent et travaillèrent de nouveau. Il semble que, pour manifester leur reconnaissance à leurs bienfaiteurs d'Amalfi, les moines adoptèrent la croix à huit pointes, blanche sur fond noir de l'écusson de la République d'Amalfi.

Vers la fin du onzième siècle, une troisième période difficile commença dans les Lieux Saints lorsque les Turcs musulmans conquirent Jérusalem. Les Lieux Saints furent interdits aux pèlerins qui, lorsqu'ils arrivaient à Jérusalem, étaient refoulés aux portes de la ville. Cette fois cependant, l'Europe avait et la force et la volonté de prendre l'offensive contre l'Islam. Vers l'an 1000, l'Europe occidentale avait commencé à démontrer une remarquable vitalité et activité dont les Croisades furent le résultat. En 1095, le Pape Urbain II prêcha la Première Croisade pour la reconquête des Lieux Saints et, en même temps, pour encourager la Paix de Dieu en Europe, en demandant aux nobles de cesser leurs luttes entre eux et plutôt d'aller combattre les infidèles. Au début de 1097, une grande armée chrétienne progressa depuis Constantinople, en Asie Mineure, prenant Antioche en 1098 et, finalement, Jérusalem en 1099.

Pendant ce temps, au cours du siège de Jérusalem, l'Hôpital des Bénédictines avait continué ses activités sous la direction du Frère Gérard. Après la chute de la ville, de nombreux croisés blessés furent soignés dans son hôpital et, plus tard, ceux-ci firent des dons généreux à l'Hôpital en remerciements pour les soins reçu. Le chef élu de Jérusalem, Godefroy de Bouillon, accorda aussi à l'Hôpital son appui moral et matériel. Alors, le Frère Gérard décida de couper les liens avec les Bénédictins et réorganisa les frères servant à l'Hôpital, sous le nom de "Les pauvres frères de l'Hôpital de Saint-Jean". La confraternité reconnut les statuts et les frères de l'Hôpital soumirent leurs nouveaux status au Pape Pascal 1er. En 1113, le Pape approuva les statuts et les frères de l'Hôpital devinrent un Ordre religieux de l'Église. Sept ans plus tard, Gérard mourut et Raymond du Puy qui lui succéda fut un des grands innovateurs et administrateurs de l'Ordre. Il fut le premier à prendre le titre de "Maître" de l'Hôpital. Le titre de "Grand-Maître" donné au chef de l'Ordre n'apparaît qu'au 13e siècle.

Le jeune Royaume de Jérusalem présentait une structure féodale fragile établie par les barons à l'esprit indépendant et entouré d'ennemis. Le Royaume avait besoin de chevaliers et de colons, mais les Turcs, au nord, fermaient les routes terrestres, de sorte que le Royaume dépendait des routes maritimes et des marchands italiens. Par suite de la pression constante erercée par les musulmans, les frères de l'Hôpital s'adjoignirent graduellement des chevaliers qui prononçaient les mêmes trois voeux que les moines mais se servaient de leurs armes pour la défense des pèlerins et du Royaume chrétien. Tous les membres de l'Ordre de Saint-Jean ou les Hospitalier, comme on les appelait, portaient la robe noire des Hospitaliers ornée de la simple croix blanche à huit pointes. Un siècle plus tard, les chevaliers eurent la permission de porter, sur leur armure, un surcot rouge orné d'une simple croix blanche. Les Chevaliers Templiers et les Hospitaliers étaient, sans aucun doute, l'unité combattant la plus forte et la mieux organisée du Royaume. Les deux Ordres construisirent des fortifications et des château le long des frontières du Royaume afin de protéger les pèlerins. Le Maître Du Puy construisit aussi le grand Hôpital de l'Ordre à Jérusalem, dont les dimensions atteignirent éventuellement 230 par 120 pi., avec une capacité d'environ mille lits. Ce fut aussi Maître Du Puy qui établit la structure européenne de l'Ordre en vue de l'administration des biens donnés à l'Ordre par des donateurs administratifs ou reconnaissants. On établit un prieuré à Saint- Gilles, dans le sud de la France, pour s'occuper de l'Europe de l'ouest, et un autre à Messine pour s'occuper de l'Europe centrale et du sud. Saint-Gilles et Messine furent choisis parce qu'ils étaient des lieux d'embarquement pour les voyages par mer vers la Terre Sainte. Après quarante ans de service comme Maître de l'Ordre, Raymond du Puy mourut en 1160.

A cette époque, les liens entre les rois chrétiens et les barons devinrent ténus, alors que, en 1174, une nouvelle menace survint sous la forme d'une alliance des musulmans de Syrie et d'Égypte sous la direction d'un jeune Kurde génial connu sous le nom de Saladin. La régie interne du Royaume était chaotique lorsque Saladin proclama la Guerre Sainte contre les chrétiens. La première victoire de Saladin fut la défaite d'une armée de Templiers et d'Hospitaliers en Galilée. Puis il captura Tibériade et, à Hattin, encercla et anéantit le gros des forces chrétiennes. Plus de 1500 chevaliers et 20000 fantassins furent tués. Seuls deux chevaliers survécurent à la bataille. Jérusalem fut encerclé et ses citoyens préférèrent payer eux-mêmes leur rançon afin d'échapper au massacre. Le 2 octobre 1187, Saladin occupa la ville et transforma la plupart des églises en mosquées. Les quelques places fortes chrétiennes qui restaient étaient des villes de la côte syrienne comme Antioche, Tyre et Tripoli.

Lorsque la capitale du Royaume chrétien de Jérusalem tomba sous les assauts des musulmans, on dut transférer l'Hôpital de Saint-Jean à Margat puis à Acre, qui avait été conquis par Richard-Coeur-de-Lion et destiné à devenir la nouvelle capitale chrétienne pour presqu' un siècle. Appelée maintenant Saint-Jean- d'Acre, la ville fut défendue à la fois par les Templiers et par les hospitaliers. Cependant, en 1291, une armée musulmane de 100000 hommes fit le siège de la ville et sa garnison de 14000 hommes, dont 240 étaient des Chevaliers Templiers et 140 des Chevaliers Hospitaliers. Finalement, lorsque la ville capitula au bout de six semaines, seulement six chevaliers et le Maître de l'Hôpital, Jean de Villiers, réussirent à échapper au massacre en s'évadant par la mer.

 

2. Rhodes 1310-1522

La chute d'Acre marqua la fin des deux siècles d'existence du Royaume Latin de Jérusalem. Jean de Villiers et ses chevaliers se rendirent au Royaume chrétien de Chypre, où ils fondèrent un nouveau couvent de l'Ordre. Comme l'effectif de l'Ordre augmentait avec l'arrivée de nouveaux chevaliers européens, le roi de Chypre commença à encourager les chevaliers à chercher ailleurs une résidence permanente. Ainsi, en 1310, les chevaliers firent voile trois cent milles à l'ouest et capturèrent l'île de Rhodes située près de l'Asie Mineure, et en firent leur port d'attache. C'est à cette époque que l'Ordre devint une puissance navale pour la défense de la Foi. A Rhodes, les chevaliers construisirent une puissante ville fortifiée capable de soutenir de longs sièges. En 1312, le Pape supprima l'Ordre des Templiers et beaucoup de leurs biens passèrent aux Chevaliers Hospitaliers à Rhodes.

Au cours des deux siècles suivants, l'île fertile de Rhodes devint la résidence des Hospitaliers qui construisirent une imposante flotte de galères de combat afin de libérer la Méditerranée orientale des musulmans et des pirates. Avec les richesses reçues des Templiers, des dons venant de riches bienfaiteurs, les revenus de ses propriétés européennes et le butin enlevé aux turcs, l'Ordre prospéra et construisit, à Rhodes, l'une des plus puissantes forteresses de l'époque. Près de ce centred'activités militaires, il y avait d'autres splendidesédifices y compris la résidence du Grand Maître qui reflétait le statut souverain de l'Ordre. Les chevaliers étaient divisés en sept (et plus tard huit) langues représentant diverses régions culturelles et géographiques selon leur origine en Europe. Chaque langue avait sa propre auberge ou hôtel (genre résidence de collège) pour loger ses chevaliers. D'autres beaux édifices furent construits: des églises et quelques hôpitaux.

Pendant ce temps-là, la pression continuait sur l'Empire Byzantin. Les Turcs Ottomans se substituèrent aux Sarrasins comme la force principale de l'Islam et ce furent ces redoutables guerriers qui capturèrent Constantinople en 1453. L'Ordre était maintenant débordé sur terre par les Turcs qui occupaient le terrain à seulement douze milles de là. Au moment où les Turcs s'intéressaient à Rhodes, l'Europe commença à perdre son intérêst pour ses postes insulaires éloignés 133 cause des divisions internes croissantes au sujet de questions politiques, sociales et, plus tard, religieuses. La guerre, la guerre civile, la guerre des classes, la révolte féodale et le pur banditism affligea une grande partie de l'Europe au quinzième siècle. Cela comprenait la Guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre qui prit fin en 1453, la Guerre des Hussites en Allemagne et en Bohème jusqu'en 1436, en Angleterre, la révolte de John dit Jack Cade en 1450, la Guerre des Deux Roses qui se termina en 1485, le soulèvement des paysans en France et les frictions sociales dans les Pays-Bas. La montée d'une nouvelle Renaissance urbaine séculaire dans les villes et les cours de l"europe mérédionale, détourna l'attention des traditions de la chevalerie chrétienne. A la fin du quinzième siècle, l'Italie devint un champ de bataille entre la France, l'Espagne et le Saint-Empire Romain et même Rome fut mise à sac par les mercenaires espagnols et allemands en 1527. De plus, le quartorzième siècle fut le témoin d'un combat entre la papauté et les rois de France et d'autres royaumes, dont le résultat fut pour l'Église une "Captivité de Babylone", le Pape devant établir son siège à Avignon. S'ensuivit le schisme puisqu'il y avait un Pape à Rome et un autre à Avignon. Cette scission ne fut réparée qu'en 1414, au Concile de Constance, mais au cours des trente années suivantes, ce fut une lutte continuelle pour la suprématie, entre le nouveau Pape et les conciles. En 1438, les Gallicans ou l'Église de France déclara son indépendance administrative du Saint-Siège dans un document connu sous le nom de "la Sanction pragmatique de Bourges". Finalement, le mouvement conciliaire prit fin en 1449 et un grand jubilée fut proclamé en 1450 pour célébrer le triomphe du Pape. Ces conditions politiques, sociales, et religieuses instables furent agravées par la "Mort Noire" ou "la peste bubonique" qui déferla sur l'Europe, par vagues successives, d'Est à Ouest, à partir de 1437. Enfin, le seizième siècle devait subir la Réforme protestante et la Contre-Réforme Catholique qui, durant plus d'une siècle, provoqua des guerres civiles amères et enterminables, qui ne se terminèrent qu'avec le Guerre de Trente Ans, en 1648.

Par suite des difficultés internes en Europe, les chevaliers, à Rhodes, étaient laissés pratiquement à eux-mêmes lorsque les Turcs essayèrent de prendre Rhodes en 1480. Cette année-là, Mahomet le Grand, conquérant de Constantinople, fit débarquer une imposante armée multi-nationale de 70 000 hommes sur l'île, investit la ville et fit le blocus de l'île avec sa flotte. S'ensuivit 89 jours de martellement d'une siège au cours duquel les Turcs essayèrent à coups de canons et d'explosions de mines de faire une brèche dans les murs de la forteresse, mais sans succès. Les attaques furent régulièrement repoussées et la contre-attaque finale dirigée par le Grand-Maître persuada les Turcs de se retirer de l'île, vaincus. Presque un siècle plus tard, les Turcs décidèrent une fois encore d'attaquer Rhodes. A cette époque, ils étaient passés en très grand nombre de l'autre côté du Bosphore et avaient conquis la majeure partie du sud-est de l'Europe. En 1522, le Sultan Soliman le Magnifique envoya une imposante force de 200 000 hommes à Rhodes qui n'était protégée que par une garnison chrétienne de 5 000 hommes. Le grnad siège de Rhodes, dirigé par le grand Sultan lui-même, dura six mois. Les divisions internes de l'Europe et les éléments défavorables nuisirent aux tentatives d;envois de renforts depuis l'Europe. Cinq jours avant Noël, le Grand-Maître capitula, en obtenant des conditions honorables, afin d'épargner la population civile. Le Sultan Soliman permit aux chevaliers de quitter l'île avec leurs navires, leurs armes et leurs biens et même fournit quelques navires turcs pour leur transport. La ville de Rhodes ne fut pas détruite et sa population civile ne fut pas massacrée.

 

3. Malta 1530-1798

For seven years the Order was homeless, while the Grand Master toured Europe seeking assistance for the recapture of Rhodes. Emperor Charles V offered the Grand Master the barren island of Malta instead, an offer which was at first refused. Finally, because an expedition for Rhodes proved impossible to organize, the offer of Malta was accepted with the condition that the knights would be responsible for the defence of Tripoli. In fact, Emperor Charles and his son Philip II of Spain did lead some expeditions into North Africa with help from the knights, but these adventures were badly organized and sporadic, with the result that Tripoli was finally lost to the Moslems. The knights still kept Malta, which they had received in sovereignty from the Emperor in return for an annual tribute of a falcon. Expecting an inevitable attack on the island by the Moslems, the knights began to fortify it in 1530. The task was incredibly arduous as the island was rocky, without adequate water supplies, unable to grow the necessary food, and soon to be isolated by the religious wars in Europe.

 

As a result of the Reformation, confiscation of the Order's possessions in Europe began to take place. The wealthy Grand Priory of England before the Reformation had numbered thirty-six commanderies administered for the benefit of the Order by knights commander. In 1540, the Grand Master refused Henry VIII's demand that the Order stop recognizing papal supremacy in England. As a result, the king dissolved the Order and confiscated all the Order's properties. Reinstated briefly under Mary Tudor, the Order was again stripped of its properties in 1560 under Elizabeth I. This was equivalent to the suppression of the Grand Priory of England. Most of the German and all the Dacian or Scandinavian priories and properties disappeared as well during the Reformation.

 

While the rulers were occupied in confiscating church and Order lands or crusading at home against religious opponents, the Order continued its fortification of Malta and naval engagements with Turks and pirates from the Barbary coast of North Africa. In 1564, the Order captured the largest galleon of the Turkish fleet. Sultan Suliman the Magnificent, who had driven the knights from Rhodes and was now seventy years old, decided to repeat his former success over the knights. At the beginning of the summer of 1564, Suliman landed with a force of 30,000 troops, outnumbering the defenders four to one. After an initial unsuccessful attack on the main fort, the Turks turned their attention to the small fort of St. Elmo on the tip of the peninsula guarding the harbour and its great chain across the mouth. Eventually, at the cost of 8,000 Turkish and 130 Order dead, the fortress was reduced by the attackers. The Turkish commander cut off the knights' heads, impaling them on spikes for the view of the other Order defenders across the bay, and nailed the bodies slashed with great crosses to boards floated across to the other side. Stung to the quick, the knights decapitated their Turkish captives and shot their heads from cannons into the Turkish camp. While the Turks continued their siege of the fortified city, requests for help to the rulers of Europe fell upon deaf ears. Still Grand Master Jean de la Valette urged his men to hold on. Finally, when the ability to fight on had almost come to an end, a relieving army arrived from Sicily and broke the sixteen-week siege. The Order had stopped the Turks from controlling the western Mediterranean.

 

The Order continued to maintain a large fleet of galleys to police the western sea against Turks and pirates. Three galleons of the Order took part in the last victory of the crusades, when naval forces under Don Juan of Austria destroyed the Turkish fleet at Lepanto in 1571. In the seventeenth and eighteenth centuries, young knights wishing to enter the Order paid a "passage money" of about one thousand gold écus upon beginning their apprenticeship in the Order's navy, and then underwent three of four caravans or tough naval campaigns on board Order ships against the enemy. In some cases, wealthy knights equipped their own ships and maintained them from the share of the booty captured. Following the Great Siege of 1564, Grand Master de la Valette, decided to build a new fortified city on the peninsula behind Fort St. Elmo. The city was named after him, and built with contributions from rulers, the Order's possessions in Europe and captured Turkish wealth. Much of the actual construction was carried out by Turkish slaves. A magnificent conventual church was built and a splendid palace for the Grand Master. One of the main central points was the Sacred Infirmary built in 1575, the largest single room in Europe, measuring 450 feet in length. Grouped around these central buildings were the auberges of the various langues, two-storied buildings constructed with several central courtyards and operated very much in the same way as Oxford or Cambridge colleges. The knights were expected to attend common services and to eat several times a week together in the auberge's refectory. Each langue was expected to provide its knights one day a week to serve in the Order's infirmary.

 

With the decline of its traditional enemies after 1700, the rise of new centralized monarchies in Europe and the shift of trade patterns to the Atlantic, the great naval role of the Order began to decline. Gradually during the eighteenth century, especially during the time of Grand Master Pinto de Fonseca (1741-1773), political aspects of the Order began to assume greater importance to the detriment of the religious. Theoretically neutral in differences between Christian rulers, the Order found it more difficult to escape the frictions on the European continent. Forced to take sides by the wars which emanated from the French Revolution, the Order dropped its traditional policy of neutrality in order to align itself against the revolution. As a result, the rest of the Order's possessions left in Europe following the confiscations of the Reformation were lost. Most of the property owned by the three French langues were confiscated in 1792 and the rest shortly afterwards. The langue of Castile and Portugal was surpressed in the 1790's.

 

The French Revolution posed a serious threat to all traditional states including the Order of Malta. Menaced ideologically and politically by revolutionary France and undermined by serious financial problems resultant from revolutionary confiscations, the Order looked around for allies. At the same time, Czar Paul I of Russia for similar reasons dropped his traditional hostility to Roman Catholicism and even to Islam in order to find allies in the Order and in the Ottoman state against the revolution. Through the partition of Poland in 1797, the Catholic Grand Priory of the Order in Poland passed to Russia. As a result of this mutual new search for allies, in the same year Czar Paul of Russia and Grand Master de Rohan of the Order, signed a convention creating a Catholic Grand Priory of Russia out of the Polish Grand Priory. Czar Paul was granted the honorary title of Protector of the Order in return for his protection of the Catholic Grand Priory of Russia. Paul hoped through these agreements with the Order to counter the French thrust to the east and to penetrate the Mediterranean using the Order's strategically-placed island for his fleet.

 

The French countered Paul's plans boldly. On his way to Egypt in 1798, Napoleon forced the new Grand Master von Hompesch and the knights to surrender the island following a purely token resistance. The knights dispersed to their homelands or to Russia, where Czar Paul welcomed them. On their own, members of the Catholic Grand Priory of Russia together with some of the other refugee knights in Russia proclaimed Czar Paul Grand Master of the Order following von Hompesch's resignation under Austrian pressure. Once so proclaimed, Paul set up in Russia a second Grand Priory of Russia for his Greek Orthodox subjects, for which he recruited his nobles. In effect, two Grand Priories, one Catholic and the other Orthodox, existed in Russia between 1798 and 1810, after which date both became extinct.

 

Thus after 250 years of rule in sovereign Malta, the Order was forced in 1798 into exile. Most of its remaining European holdings quickly disappeared. In 1802, the Spanish Crown took over the Order lands within its realms, while its Italian, German and Bavarian possessions disappeared during the Napoleonic era.

 

4. L'exil et la renaissance: 1798 à nos jours

De nouveau, l'Ordre se trouva sans résidence. Entre 1798 et 1801, il y avait même une certaine confusion au sujet de qui était exactement le Grand-Maître de l'Ordre. D'une part, le Tsar Paul avait été déclaré Grand-Maître par quelques chevaliers à l'intérieur de la Russie. D'autre part, la démission du Grand- Maître von Hompesch n'avait pas été acceptée par le Pape et le Tsar Paul n'était ni un catholique ni un moine comme l'exigeait la Constitution de l'Ordre pour le Grand-Maître. En fait, le Pape insista fermement pour l'élection rapide du Grnad-Maître selon les termes de la Constitution de l'Ordre. Comme la situation politique empêchait l'organisation d'une assemblée générale de l'Ordre, le Tsar Alexandre suggéra que le Pape choisisse quelqu'un parmi les personnes dont les noms lui auraient été soumis par ce qui restait des divers prieurés. Le Pape accepta la suggestion et le Bailli Giovanni Batista Tommasi fut élu en 1803. Il fut reconnu comme Grand-Maître de l'Ordre par le Tsar Alexandre, par les autres chefs d'état et par les prieurés de l'Ordre. En 1810, le Tsar Alexandre supprima les deux prieurés russes fondés par son père en forçant le Sacré Conseil de l'Ordre en Russie à voter sa propre dissolution. Au même moment, il remit son autorié au nouveau et légitime Grand-Maître.

Durant les guerres napoléonniennes, la question de savoir où l'Ordre pourrait se réétablir demeura sans réponse. En 1800, les Anglais enlevèrent l'île de Malte aux Français. En 1806, le Roi de Suède proposa à l'Ordre d'accepter l'île de Götland dans la mer Baltique, mais le Pape et le Roi de Sicile contrecarrèrent ce plan. En 1814, après la défaite de Napoléon, le Traité de Paris reconnut Malte comme territoire britannique et le Congrès de Vienne refusa de revenir sur le sujet. Ceci eut pour résultat que Malte parut une perte irrémédiable pour l'Ordre. Le Prince Metternich, homme d'état autrichien, manifesta l'espoir que le Congrès puisse au moins donner à l'Ordre une île méditerranéenne comme l'île d'Elba, où il pourrait être reconnu de nouveau comme une puissance souveraine et neutre, à qui l'on confierait la lutte contre les pirates de Barbarie. Mais ce projet échoua aussi.

Durant cette période de temps, l'Ordre passa d'une ville à l'autre en Italie avant de trouver sa résidence actuelle, à Rome. En 1834, le Pape permit à l'Ordre de déménager dans sa propre ambassade auprès du Saint-Siège sur la via Condotti, à Rome, en kui donnant, en même temps, le privilège de l'extra- territorialité. Son siège social se trouve encore de nos jours dans le même édifice. Le Pape permit aussi le rétablissement du prieuré de Rome, dans les États pontificaux. En 1839, avec la permission de l'Empereur d'Autriche et du Roi des deux Siciles, les prieurés de Lombardie-Venise et de Naples furent rétablis. De nouveaux chevaliers furent recrutés par ces prieurés, alors que d'autres furent crées ailleurs, directement de Rome et rattachés au Grand Magistère. Là où il n'y avait pas de prieuré, on décida plus tard de créer des associations nationales. Ainsi, en 1859, la première de ces associations nationales, en Rhénanie-Westphalie, fut créée, suivie huit ans plus tard par les associations Silésienne, britannique en 1877 et espagnole en 1891.

Après la mort du Grand-Maître Tommasi, l'Ordre fut dirigé durant soixante-quartorze ans par des lieutenants. En 1879, le Pape restaura la dignité de Grand-Maître en lui donnant le rang de Cardinal de l'Église. Cette année-là, le Pape reconnut comme Grand-Maître le Lieutenant de l'Ordre, Fra John Ceschi a Santa Croce. L'année suivante, l'Autriche fut le premier état séculier à le reconnaître comme prince souverain, un titre autrefois donnée par le Saint Empereur Romain. Et c'est ainsi que furent rétablis totalement les anciens titres et fonctions. Plusieurs autres pays suivirent l'Autriche et reconnurent le Grand-Maître comme prince souverain et l'Ordre comme un état indépendant. La Russie avait maintenu ses relations diplomatiques avec l'Ordre entre 1803 et 1810 et ces relations demeurèrent cordiales par la suite.

Les oeuvres de bienfaisance hospitalières de l'Ordre reprirent de nouveau à la fois au niveau national et international. En 1869, l'Ordre participa à la troisième Conférence internationale de la Croix Rouge internationale. En 1927, il prit part à la Conférence internationale de la Ligue des Nations, convoquée en vue de constituer une Union internationale d'entraide. Depuis 1945, de nombreuses nouvelles associations nationales furent fondées en Europe, dans les Amériques du Nord et du Sud et même en Asie (aux Philippines). En 1974, il y avait six Grands Prieurés, trois Sous-Prieurés et quarante-deux associations nationales comprenant plus de 8 000 membres. L'Ordre reçoit l'aide de dizaines de milliers d'auxiliaires et a été reconnu comme souverain par environ quarante états. Il est membre indépendant d'organismes internationaux tels que la Croix Rouge, l'Organisation mondiale pour la santé, l'UNESCO, le Conseil de l'Europe et, récemment, les Nations Unies.

Written by Robert Pichette, ONB, D ès L

 

((Tirés de "The Order of Malta: Past and Present", publié par l'Association canadienne des Chevaliers de Malte, Montréal, 1978).